mondialisation et gouvernance mondiale

Mondialisation: à l’aube d’une gouvernance planétaire.

La mondialisation est en marche depuis le siècle dernier.
La prochaine étape est la gouvernance mondiale.

Pas besoin d’être devin, il suffit de regarder l’Histoire.

Déjà en marche

L’Organisation des Nations unies (ONU)

En place depuis 1945, elle regroupe 193 États. Autant dire le monde entier. (197 pays au total).

Article 1 de sa Charte: s’efforcer d’être un lieu où se construit un avenir meilleur pour tous les êtres humains.

Avec 4 objectifs :

  • Maintenir la paix et la sécurité dans le monde.
  • Développer les relations amicales entre les nations.
  • Réaliser la coopération internationale, encourageant le respect des droits de l’homme.
  • Être le centre harmonisant les efforts des nations dans des objectifs communs.

Dans ce but, l’ONU met en avant la protection des droits de l’homme, l’aide humanitaire, le développement durable et la garantie du droit international.

Elle peut également obtenir l’autorisation d’employer sa force armée – les « Casques bleus » – pour maintenir ou rétablir la paix.

Certes, l’ONU n’est pas un gouvernement mondial. Elle ne légifère pas.
Mais ses résolutions, de plus en plus appliquées dans le droit national et international, lui donnent une légitimité.
Et donnent lieu à la signature de traités ou conventions entre les nations.

Pour exemple, la déclaration universelle des droits de l’homme (1948) n’est pas un traité. Le texte n’a pas de valeur juridique en soi.
Néanmoins, il constitue une source d’inspiration pour la promotion, le développement et l’exercice des droits de l’homme, avec des effets politiques, inspirant certains traités internationaux.

Et tout État intégrant l’ONU s’engage à appliquer ses résolutions, sous surveillance d’un comité d’experts de l’ONU.

Ces résolutions concernent notamment l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965) et à l’égard des femmes (1979), relative aux droits de l’enfant (1989) et des personnes handicapés (2006).

L’ONU compte aussi 15 agences spécialisées, notamment dans les domaines de la finance avec le FMI (Fonds monétaire international), de la santé avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé), mais également du tourisme, de l’industrie, de l’agriculture, de l’éducation, et nombre d’autres domaines majeurs.

Cas d’Ecole: L’espace Schengen

  • Comprend 26 territoires européens.
  • Englobe actuellement plus de 400 millions d’habitants sur une superficie de 4 312 099 km2.
    Mais surtout:
  • Fonctionne comme un espace unique en matière de voyages internationaux et de contrôles frontaliers, où le franchissement des frontières intérieures s’effectue librement, sans passeport, sans contrôle.
    C’est un espace de liberté, de sécurité et de justice européen.

Enfin, cela implique des dispositions concernant une politique commune sur le séjour temporaire des personnes (dont le visa Schengen, jusqu’à trois mois), l’harmonisation des contrôles aux frontières extérieures, une coopération policière transfrontalière et une coopération judiciaire.

Cette liberté de circulation des personnes s’améliore également au niveau mondial.
Régulièrement, de nombreux passeports obtiennent davantage de droits d’entrée à travers le monde.

La Mondialisation continue

Le terme de Mondialisation correspond à la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services, des personnes, des techniques et de l’information.

Autrement dit, la libre circulation à travers le monde, tel qu’elle devrait être.

« la mondialisation, c’est l’échange généralisé entre les différentes parties de la planète, l’espace mondial étant alors l’espace de transaction de l’humanité »

Olivier Dollfus

La Culture mondiale

Chaque jour, davantage de personnes accèdent à des réseaux d’information et de communication communs, à l’échelle planétaire.

2 conséquences :

  • Une prise de conscience accrue de la diversité culturelle et de la dépendance mutuelle de l’ensemble des individus.

    La multiplication des sources d’information permet d’avoir une meilleure connaissance de l’environnement mondial.

    Des cultures minoritaires (comme les amérindiens, les aborigènes d’Australie, …) ont ainsi pu trouver une nouvelle visibilité. Renforçant également le rôle des ONG comme acteurs de premier plan.

    De même, le fort brassage des courants religieux et philosophiques a stimulé le rapprochement, le rassemblement, l’union et le dialogue inter-religieux.

    Mais inversement, des communautarismes identitaires fondés sur un refus du relativisme et l’affirmation de la supériorité d’une culture sur les autres, se sont développés en parallèle.
  • L’émergence d’une sorte de « culture commune » marquée notamment par
    le recours à un « anglais de communication » (parfois appelé globish, pour « global english »), version appauvrie de la langue anglaise.

    Et des références culturelles américaines ou occidentales portées par des produits culturels (cinéma, musique, télévision, informatique) ou des modes de vie (sports occidentaux, cuisine italienne, japonaise).

Certains voient là un risque d’appauvrissement de la diversité culturelle.
D’autres n’hésitent pas à parler d’impérialisme culturel.

Le terme de civilisation universelle est en soi objet de polémique.
Alors qu’il s’agit tout simplement de favoriser le brassage ethnique et culturel.
Les différentes sociétés s’homogénéisent.
Et même en gardant ses marqueurs culturels, une société peut se mondialiser. Pour le meilleur comme pour le pire.

Mais une chose est sure: la libre circulation de l’information et de la culture atténue progressivement les frontières.

La prédominance de l’anglais

La langue officielle mondiale émergente est l’anglais.

Tout comme les langues nationales ont remplacé les langues régionales, l’Anglais (ou tout du moins le Globish, dans un premier temps) va remplacer les langues nationales.

Notamment sur internet:

Langues les plus utilisées sur internet

La grande majorité des 6 000 langues du monde ne sont même pas représentées sur internet. Et selon l’UNESCO, 3 000 sont actuellement en danger.

La domination de l’anglais est tel que certains n’hésitent donc pas à parler d’impérialisme linguistique.

Des organisations altermondialistes dénoncent le tout-anglais, qu’elles considèrent comme une manifestation de l’impérialisme linguistique américain, la langue anglaise étant alors un vecteur de la mondialisation néo-libérale.

La domination de l’anglais se manifeste tant dans les domaines économique, financier, scientifique, informatique, que dans les divertissements tels que la musique ou le cinéma.

Cette influence tend à propager l’anglais ou à favoriser les emprunts lexicaux, notamment des anglicismes, dans d’autres langues.

Au XXIe siècle, la diversité linguistique est de plus en plus menacée, compte tenu du temps nécessaire pour bien maîtriser la langue dominante.

Mais il faut se rendre à l’évidence. L’anglais devient progressivement la norme.

Le tourisme international

Le tourisme international augmente, et par là même, la découverte d’autres cultures.
Et inconsciemment, les touristes s’accoutument progressivement aux autres cultures, phénomène propice à une gouvernance mondiale.

La hausse du niveau de vie, le développement du temps libre et la baisse des coûts de transport ont largement contribué au développement du tourisme international.

Evolution du nombre de touristes dans le monde de 1950 à nos jours

Une concurrence mondiale entre destinations touristiques est apparue.

Toutefois, le tourisme international est essentiellement composé de ressortissants de pays riches visitant d’autres pays riches.

Le tourisme en direction des pays pauvres est le plus souvent concentré sur un petit nombre de localisations.

Cependant, il faut aussi considérer que les arrivées de touristes dans les pays émergents et en voie de développement se sont élevées à 459 millions en 2011.

De fait, le tourisme est la première ou la deuxième source de recettes d’exportation dans 20 des 48 pays les moins développés du monde.

Du déclencheur local à la révolte globale : la convergence des luttes dans le monde

Les mouvements contestataires émergeant dans un pays sont souvent repris à l’international, tant les problèmes rencontrés dans un pays sont généralement présents dans nombre d’autres pays.

Face à l’injustice et aux inégalités, les populations de nombreux pays descendent dans la rue pour demander des comptes.

De véritables ondes de choc localisées, libérant une colère populaire légitime, qui s’étendent a travers le monde. Aucun continent n’échappe aux mouvements de contestation. Avec notamment:

  • #MeToo, débuté en 2007, s’est diffusé dans pas moins de 85 pays.
    Une résonance internationale encourageant la prise de parole des femmes, afin de dénoncer le viol et les agressions sexuelles, particulièrement courants, et afin de permettre aux victimes de s’exprimer sur le sujet.
    Il est particulièrement connu depuis octobre 2017 à la suite de l’affaire Weinstein.

    Bien que #MeToo soit universel, il existe des variantes locales comme pour #BalanceTonPorc en France.
  • #BlackLivesMatter – « les vies noires comptent » – est né en 2013 aux États-Unis dans la communauté afro-américaine militant contre le racisme systémique envers les Noirs, et contre les atteintes mortelles de personnes noires par des policiers blancs.
    Le mouvement va s’étendre mondialement, notamment après la mort de George Floyd., en mai 2020 aux États-Unis.
  • Les Gilets jaunes, apparus en France en octobre 2018. Ce mouvement social contestataire, basé sur un ras-le-bol de bon nombre de Français fait suite aux hausses de prix du carburant.
    Ce mouvement a fait des émules à travers le monde.

Et les exemples sont encore nombreux, avec des « départs de feu » aux quatre coins du monde avant de s’étendre à la planète entière.

Une gouvernance mondiale en devenir

La mondialisation donne la priorité à l’international sur le national.

Elle crée de nouveaux défis d’organisation des institutions et de répartition des pouvoirs politiques à l’échelle du monde, et remet en question les conceptions classiques du système international.

Et une gouvernance mondiale ne semble plus être une simple utopie.

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