Merci, Coronavirus !

Merci, Coronavirus !

Le Coronavirus a fait bien plus pour la Nature que n’importe quel être humain en des décennies.

Et pas seulement pour la Nature, mais pour les humains également.

Malheureusement, cela ne durera pas. D’autant que:

« Le climat n’a pas besoin d’une année blanche, mais de mesures sur la durée. »

En attendant, rejouissons-nous !

Le Coronavirus a rapproché les familles.

L’inquiétude et la peur ont consolidé les rapports.

Les échanges, même si virtuels pour beaucoup, n’ont jamais été aussi nombreux et aussi fréquents.

Ce virus a également développé la solidarité

Cette crise révèle tout autant l’individualisme de certains consommateurs, pris d’une passion subite pour le papier toilette, que la solidarité entre confinés, notamment auprès de nos aînés, ou des employés de professions à risques, particulièrement exposés au virus.

En parallèle, il a fait baisser le harcèlement

Le Coronavirus tente de militer au mieux pour #metoo.

Le harcèlement, les abus, les frotteurs, l’exploitation des prostituées… autant d’évènements tenus un minimum à distance par le virus.

Dans un tout autre registre, les bisous piquants de tata, les mains moites et les poignées de mains molles sont, eux aussi, mis en quarantaine.

Reste cependant le problème beaucoup plus grave et aggravé des victimes confinées avec leurs harceleurs.

D’un point de vue international, le Coronavirus a imposé une trêve de la violence au sein des guerres et des conflits.

Il aura été le seul médiateur efficace, depuis toutes ces années, arrêtant temporairement la guerre en Libye, au Yémen et en Syrie, alors qu’elles perdurent depuis des années.

L’ONU et plusieurs pays arabes et occidentaux ont appelé les parties en conflit en Libye à une trêve humanitaire.
Cela afin de permettre aux autorités sanitaires de mieux lutter contre le coronavirus.

Même Daesh, dans le bulletin de propagande al-Naba, déconseille à ses troupes de se rendre en Europe.

La reconnaissance des personnes essentielles à la société

Le Coronavirus nous a également enfin poussé à reconnaître la valeur des médecins, des scientifiques, des agriculteurs, du personnel soignant, et autres hôtesses de caisses.

Autrement dit, de ces personnes essentielles, vitales pour la société.

Il a poussé les français au réapprentissage de l’hygiène

Les français reclus ont eu le temps de relire une étude de l’IFOP (Institut français d’opinion publique), publiée juste avant le confinement.
Elle dévoilait « qu’un français sur quatre ne se laverait pas tous les jours ».

Toujours est-il que les français sont maintenant de plus en plus nombreux à respecter les gestes barrière, notamment concernant le lavage de mains et les éternuements. Enfin.

Et il nous rappelle que, d’une certaine manière: nous sommes tous égaux face à lui.

Politiques, patrons du CAC 40, show-biz,…Tous ces privilégiés ont autant de risques d’attraper le coronavirus que les autres, sans considération religieuse, raciale ou autre.

En un sens, c’est un formidable accélérateur d’égalité. En tout cas sur le papier.

Dans les faits, il est évident que certaines catégories socio-professionnelles et certains environnements sont plus exposés que d’autres.

Les conditions de confinement et les moyens financiers, permettant de diminuer considérablement les risques, ne sont clairement pas les mêmes pour tous.

Dans une autre mesure, le Coronavirus a également permis

  • De remettre la population au sport
    Tous ces abonnements mensuels non utilisés, délaissés, se sont réincarnés en footing dans les parcs.
    La population s’est découvert une soudaine passion pour le sport.
  • De stopper toute vie nocturne, diminuant ainsi radicalement les abus d’alcool et de tabac concentrés sur une soirée.
  • Et surtout de remettre les gens du spectacle et du divertissement (Que ce soit de l’art, du football ou autres chanteurs) à leur vraie place d’amuseurs, n’assurant en rien les besoins vitaux de la population.

    On idolâtre visiblement les mauvaises personnes.

Comme si la Nature avait réorganisé la société dans laquelle nous vivons.
Histoire de remettre tout le monde à sa place, et de rappeler les priorités.

Mais au-delà de cette renaissance de l’espèce humaine, il a enfin accordé un sursis pour certaines espèces en danger

Et voici le paradoxe de l’année, à savourer longuement.

Inscrit sur la liste des espèces menacées, le pangolin, incriminé à tort ou à raison d’être le déclencheur du Coronavirus, pourrait être sauvé par le Coronavirus, sauvant la vie de ses congénères en tuant des milliers d’humains.

Sa présence sur les marchés vivants chinois n’est visiblement plus la bienvenue dans le contexte actuelle.

D’autres espèces, à défaut d’être menacées, reprennent leurs droits sur la civilisation.

Venise, ville polluée par les millions de touristes annuels et le trafic fluvial, voit l’eau de ses canaux « redevenir soudainement claire et poissonneuse ».


A Cagliari en Sardaigne, à La Valette à Malte ou à Nha Trang au Vietnam, les dauphins aussi sont de retour dans les ports, profitant de l’absence des ferries.

Dans les rues de Paris, ce sont les canards qui reprennent eux aussi leurs droits.

Et différents écosystèmes, à travers le monde, montrent des signes de régénérescence.

Les spécialistes nous expliquent que  » la destruction des écosystèmes, au-delà du réchauffement climatique, participe notamment à la prolifération des insectes ravageurs et des agents pathogènes… « 

En parallèle, la Peur, ce vecteur universel de consommation, relance l’amour des plantes médicinales.

Autres cadeaux du confinement et de la fermeture des frontières

L’arrêt du trafic aérien et routier

  • Le trafic aérien serait l’un des secteurs les plus impactés par la crise sanitaire actuelle.
    Les fermetures de frontières plaquent les avions au sol.
    Le trafic aérien en France, à l’image du trafic mondial, selon le site de surveillance de l’espace aérien Flightradar, a été à peu près divisé par deux dès mi-mars.
    Et continue de diminuer depuis au rythme des pays fermant leurs frontières.
    Quand on sait que le trafic aérien représente 8 % des émissions d’oxyde d’azote dans le monde…
  • Concernant le trafic routier, les télétravailleurs laissent la voiture au parking.
    Le site Sytadin, qui mesure le trafic pour la Direction des routes d’Ile-de-France (Dirif), n’enregistrait plus de bouchons autour de Paris.
    Alors qu’on atteint régulièrement les 250 km d’embouteillages aux alentours de 9 heures en temps normal.
    Selon la Dirif, le trafic routier aurait baissé d’environ 80 % en Ile-de-France, depuis le 16 mars.
    Pour le reste du pays, les données varient en fonction des lieux d’implantations des usines en activité.

La baisse de la consommation Électricité.

Depuis le début du confinement, la consommation française d’électricité a baissé de 15 % par rapport à un mois de mars normal.

Confinée, la France consomme, en toute logique, moins d’énergie qu’habituellement.

Le gestionnaire du réseau, RTE, l’explique par la fermeture des commerces non essentiels (restaurants, cinémas, magasins…) et le ralentissement de l’activité dans le secteur industriel.

L’arrêt de l’activité économique

Aujourd’hui, face à la pandémie de Coronavirus, plus de la moitié de l’humanité a pour consigne de rester à domicile.
L’activité industrielle tourne au ralenti, voire pas du tout.

Grâce au Coronavirus, la production des biens diminue et se concentre sur l’essentiel.
La consommation, et donc le gaspillage, réduisent massivement.
Une véritable initiation à la décroissance.

Ce monde de la surproduction apprend à ralentir et appréhende les fragilités des sociétés néolibérales voire mondialisées.

L’occasion ici de se poser les bonnes questions sur cette fameuse croissance après laquelle on court en permanence.

Quelles conséquences sur la qualité de l’air ?

  • Que ce soit en Europe, en Chine ou partout ailleurs dans le monde, les constats sont unanimes: la pollution au dioxyde d’azote (NO2), principalement produit par les véhicules, a fortement diminuée au-dessus des grandes villes internationales.

    Globalement, selon l’Agence européenne de l’environnement (EEA), les niveaux de dioxyde d’azote ont été divisés par deux dans les endroits du continent les plus confinés.

    Or ces micro-particules, classées cancérigènes par l’OMS, restent en suspension dans l’air.

    À long terme, les populations des grandes villes, exposées à davantage de pollution atmosphérique, développent des maladies cardiaques et pulmonaires chroniques.

    D’après une interview accordée à l’Obs, le chercheur François Gemenne, membre du Giec, rapporte que la diminution de ce polluant dans l’air, devrait « épargner plus de vies humaines que le virus en aura coûté ».
  • Le CO2, quant à lui, est le premier gaz à effet de serre (environ 75%) responsable du réchauffement planétaire.

    Les gaz à effet de serre captent une partie du rayonnement renvoyé par la Terre vers l’espace. Ce phénomène naturel donne à la planète son climat tempéré.

    Mais ces gaz augmentent fortement du fait de l’usage massif de combustibles fossiles par l’homme (charbon, pétrole, gaz naturel).
    Ce qui crée un effet de serre aboutissant à un réchauffement inédit depuis 150 ans.

    Mondialement, les transports représentent 14% des émissions de gaz à effet de serre, selon le rapport du Giec, synthèse scientifique de référence sur le climat.

    En France, par exemple, le transport est le premier secteur émetteur du pays.
    Le transport routier étant responsable de 92% des émissions des transports, dont 57% pour les seuls véhicules particuliers.

Or la paralysie des lignes aériennes et le stationnement des véhicules des confinés a contribué massivement à la baisse des émissions de gaz à effets de serre.

Pour information:

Il faut savoir que le carbone stocké dans l’atmosphère est dû à nos émissions d’il y a 40 ans.

Il y a un décalage entre ce qu’on perçoit aujourd’hui et le moment où ces pollutions ont été émises.

Si on se mettait aujourd’hui à hiberner en arrêtant toute activité économique, on aurait quand même une augmentation de près de 2° de la température en 2040.

Quels que soient les efforts fournis, on ne va pas pouvoir en bénéficier immédiatement.

Mais le confinement

… c’est aussi tristement l’explosion du streaming.

En 2019, le streaming vidéo seul a représenté 300 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent annuel des rejets d’un pays comme l’Espagne.

Aujourd’hui, on parle d’une augmentation du trafic internet de 50% selon certaines entreprises françaises, et de 70% du côté de Telecom Italia…

On a, par exemple, beaucoup parlé de la pollution due au nombre hallucinant de « vidéos de chat« , stockées dans des data centers du monde entier, émettant de grosses quantités de CO2.

Si le fait d’effacer ces séquences permettait de relancer l’économie d’un pays, pourquoi s’en priver ?

Sauf que ces vidéos peuvent aussi avoir une fonction d’apaisement, de relaxation…

Une introspection nécessaire

De manière plus globale, se pose la question de l’introspection.

Ce qui pointe un autre aspect positif de la crise: confinés pendant des semaines à la maison, nous avons été forcés de nous interroger, à un moment ou un autre, sur notre bien-être, nos émotions.

Et, d’une certaine manière, nous avons redécouvert la vie. Cherchant à lui redonner du sens.

Le besoin de rire, pleurer, partager avec les autres, nous a poussé à nous réinventer, à être plus créatifs. Chose que le modèle économique actuel, prônant la compétitivité à tout prix, à tout instant, ne permet plus réellement.

Plutôt que de regarder des vidéos de chat, tu peux profiter de ton temps autrement. Utilement. Mettre fin, en partie, à la procrastination.

Dépoussière et range chez toi. Tu vas t’éclaircir les idées au passage.
Profites-en pour te (re)mettre à lire. Tellement de réponses dans les livres.

Tu peux aussi jardiner, cuisiner … écrire, dessiner, jouer … te former, apprendre … réparer, installer … méditer, discuter … découvrir … s’épanouir.

Et surtout: prendre le temps. Etre dans le moment présent.

Coté travail, je t’en parlais déjà dans le Carnet de route, il y a quelques mois: il est temps de favoriser le télétravail.
Peut-être que ton entreprise te proposera de travailler depuis la maison une journée ou deux par semaine dorénavant.
C’est cet épanouissent individuel, ce gain de temps personnel et de productivité qui doit maintenant être à la base d’un nouveau modèle économique et sociétal.

Et ce temps privilégié d’introspection doit avoir permis à chacun de se poser les bonnes questions, d’existence, de choix faits par le passé, d’objectifs de vie… Et donc apporter les modifications nécessaires, non ?

Le Coronavirus: la naissance d’un nouvel espoir ?

Pas sûr. En tout cas, on se prend à rêver d’une prise de conscience collective. Mondiale.
On se dit alors que tout est possible.
Que la collapsologie (Qui étudie les risques d’effondrement de la civilisation) va prendre du poids face aux climato-sceptiques.
Que les politiques vont enfin se sentir concernés.

L’Etat doit se réveiller et arrêter de dissocier climat et économie.

La crise sanitaire pourrait très bien être une conséquence du réchauffement climatique. On sait que la fonte des glaces dans les latitudes nord pourrait libérer des virus.

On ne peut pas se permettre de retourner bêtement au «comme avant».
Autrement dit, on ne peut plus continuer à produire tout et n’importe quoi, à autoriser des pesticides dans l’agriculture, à soutenir l’énergie fossile.

Selon les enquêtes d’opinion:  » partout en Europe les gens sont prêts à payer un peu plus pour s’assurer un développement durable dans le long terme « .

Malheureusement, l’environnement risque de repasser au second plan une fois la crise maîtrisée.

Il suffit de voir comment beaucoup de gouvernements réagissent déjà.
Aux Etats-Unis, on vient de décider de suspendre tout simplement l’application des lois environnementales pour précisément relancer l’économie.
Les entreprises se mettent à redoubler d’efforts pour rattraper le retard.

Plutôt que de chercher à reconstruire une nouvelle économie, on remet une pièce dans la machine d’avant, celle de l’économie carbonée.

Pourtant, chose inédite: les humains se sont mis à collaborer à l’échelle de la terre entière, notamment les États et les scientifiques.

Sommes-nous alors « mûrs » pour créer une gouvernance mondiale et chercher ensemble la sortie de la crise du coronavirus et, bien au-delà, sortir de la crise environnementale et sociale ?

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