Chère France, pays de mon enfance

Chère France, pays de mon enfance

De la Gaule jusqu’à la France d’aujourd’hui, soit-disant moderne, en passant par la Francie, qu’elle soit occidentale ou orientale, nos frontières ont eu le temps d’avancer ou reculer bien des fois.

L’histoire de nos frontières en France

Des pays, comme la France, se sont formés autour de différentes communautés régionales, parlant des langues différentes, et annexés par la force armée, notamment romaine.

Alors que les Gaulois celtiques ont perdu leurs identités et leurs langues originelles durant l’Antiquité, soumis alors à une culture gallo-romaine, Gallia est cependant resté le nom conventionnel du territoire tout au long du haut Moyen Âge.
Et ce jusqu’à ce que la Gaule acquière une nouvelle identité en tant que royaume de France capétien dans la haute période médiévale.

Carte de la Gaule - France
Carte de la Gaule

Entre temps, s’en suit l’empire franc (De ~450 à ~900).

L'Empire Franc
L’Empire Franc

Pendant que le mot «Francie» continue de désigner la multiplicité des royaumes francs, le même terme désigne une partie réduite de son territoire correspondant géographiquement à l’Île-de-France.
La Francie s’oppose alors à la Bourgogne, l’Aquitaine, la Septimanie et la Provence.
Un phénomène identique se produit dans le royaume de Francie orientale pour les régions correspondant à la Franconie et à la Lotharingie.

Le traité de Verdun (843) marque l’apparition d’une Francie occidentale et d’une Francie orientale séparée l’une de l’autre.

Et les frontières de cette «France» ne cesseront d’évoluer.

Les frontières de France

Alors de quelle France parle-t-on quand on clame haut et fort être français ?

L’absurdité des frontières

Le tracé des frontières lui-même est souvent absurde.

Une même communauté peut se déchirer entre plusieurs pays, tout comme un même pays peut contenir des communautés rivales.

Les frontières de nombreux pays, notamment en Afrique ou en Europe de l’Est, ne prennent pas en compte les fleuves, les montagnes ou les réalités ethniques et religieuses.

Pour exemples:

  • Fin du 19ème siècle, des bureaucrates français, allemands et britanniques, n’ayant jamais mis les pieds en Afrique, revendiquent des territoires africains.
    Ils vont alors en tracer, sans considérations ni bon sens, les frontières.

    Arrivés sur place, face à l’absurdité, mais pour éviter des tensions européennes, les envahisseurs s’en tiennent à leurs accords, et ces lignes imaginaires deviennent les frontières effectives des colonies européennes.

    L’indépendance actuelle de ces pays ne changera rien. Le mal est fait.
    Nombre de difficultés actuelles proviennent de ces frontières.
  • L’exemple est également flagrant à Mitrovica (Kosovo) en Europe de l’Est.

    Cette ville, séparée en deux par la rivière Ibar, accueille au nord le quartier serbe, et au sud le quartier albanais.

    Au-delà des appartenances communautaires et religieuses, le fonctionnement même de la ville est divisé en deux.
    Au nord, une langue slave, le serbe, écrite en alphabet cyrillique, et le dinar serbe (monnaie de la Serbie), et au sud, la langue albanaise, écrite en alphabet latin et l’euro.

    C’est pourtant, malgré les apparences, une seule et même ville.
  • N’oublions pas, également, qu’une bonne partie d’entre nous pourrait être allemands aujourd’hui.
    Tandis que les autres pourraient tout aussi bien être américains, selon les ambitions « colonialistes » de chacun.

    Ce qui n’aurait peut-être pas été une mauvaise chose eu égard à notre niveau en langues étrangères.

Malheureusement, le bon sens est rarement invité à table.

Il aurait été souhaitable d’étudier, au cas par cas, le processus d’élaboration de chacunes des frontières. Tout en prenant en compte les différentes dynamiques telles que les migrations, la mobilité, ou encore les différents conflits internes.

Et si le tracé de nos frontières en France nous semble moins aléatoire ou arbitraire, il l’est pourtant tout autant, issu de revendications, de guerres, et autres intérêts individuels de telle ou telle famille royale d’antan.

Le chauvinisme en France

Ou l’art de se revendiquer de quelque chose qui ne nous appartient pas.

On peut tout aussi bien se demander dans quelle mesure notre nationalité est légitime.
Nous n’avons jamais rien eu à faire pour l’obtenir.

Juste se satisfaire du privilège d’une loi statuant que nous sommes, de fait, citoyen français de par nos parents.

De ces frontières découlent nationalisme, intolérance et xénophobie

Les frontières créent le nationalisme. Ce sentiment de fierté, d’appartenance.
Duquel naît le concept de xénophobie, hostilité à tout ce qui étranger à sa nation.
La peur de l’autre.

Ces frontières, à travers le prisme de l’Etat-nation, rassurent face à cette peur infondée, sous couvert de protéger notre culture.

La nation réduit le champ de vision de nos possibles.

Elle s’autoproclame garde-fou, agissant comme la religion et les prêtres par le passé.
Une démocratie illusoire. Sous prétexte que l’on est libre de dire ce que l’on veut.
La démocratie se doit d’être également la liberté de choisir, foncièrement.

Et ces frontières fictives empêchent de couper le cordon et de s’émanciper.
Elles permettent, par le même biais, de contenir les masses.

Pourtant, avec un peu de courage et d’ouverture d’esprit, de voyages, de découvertes, ces peurs éclatent en vol à la première rencontre.

Ce qui ne demande pas non plus un courage extraordinaire…

Enfermés dans une boite

Les frontières enferment virtuellement dans une sorte de boite opaque.
Ou dans une caverne, si l’on veut, d’une certaine manière, se référer à « l’allégorie de la caverne » de Platon.

Une boite parmi d’autres à travers le monde.
On ne sait pas vraiment ce qu’il y a dans les autres boites, mais on finit par imaginer, inconsciemment, que le contenu est sensiblement identique. Voire parfois pire.

Et les autoproclamés gardiens de cette boite livrent une vision erronée, parce que partielle et partiale, de l’Ailleurs.

On ne peut ni le voir, ni le savoir en restant dans cette boîte.
Et il est nécessaire d’aller de boite en boîte pour se faire sa propre idée du contenu.

C’est rassurant de ranger dans des boîtes. Et c’est une mécanique naturelle qui permet au cerveau de retenir plus d’informations. Bien plus facilement que si tout est en vrac.

Mais c’est pourtant la vision d’ensemble qui va permettre d’avoir une meilleure idée des contenus. Parce qu’à l’inverse, à tout mettre dans des boîtes, le cerveau finit par oublier ce qu’il y a dans la plupart d’entre elles.

Les frontières et le capitalisme

L’État-nation, c’est avant tout une police, une armée, une douane et ses frontières, et d’autres forces répressives contrôlant un territoire donnée, au nom du capitalisme.

Le capitalisme, dans lequel on baigne, a pourtant bien intégré la liberté de circulation, depuis le siècle dernier, pour son plus grand profit.

Cela remonte très exactement aux traités de libre-échange à grande échelle et, par conséquent, à la suppression des frontières pour ce qui est de la circulation des marchandises.

Apparemment, pratiquer le libre-échange avec des pays où le salaire minimum est à moins de 2 euros de l’heure, et les coûts de production moindres, c’est bien.
Mais autoriser la libre circulation des êtres humains, non.

Les marchandises, oui, les humains, non.

Les systèmes oppressifs, dont le capitalisme, sont internationaux et se foutent bien de la religion ou de l’origine de l’opprimé.
Pendant que nous perdons notre temps dans le nationalisme et la xénophobie, au lieu de prôner une ouverture sur le monde.

La France, comme le reste du monde, n’a pas besoin de frontières

Tout le monde envahit tout le monde depuis la nuit des temps.
Le monde s’est construit sur les invasions, les croisades et autres expéditions.

Nous sommes, nous-même, le fruit de migrations des pays nordiques, d’orient ou du sud, la « France » n’étant pas le berceau de l’humanité.

Quand tu penses qu’il suffirait de supprimer la notion de frontières pour que celle de nationalisme ou d’immigrés n’aient plus aucun sens.

Seulement des gens en mouvement, voyageant, partant en vacances, parcourant un territoire ou le monde.

Quant au droit du sol ?
Le droit du sol, tu l’as obtenu le jour où tu as posé un pied sur cette planète.
Autrement dit, tout simplement le droit de vivre. Supposément où bon te semble.

Souhaitons aux futures generations de connaitre un jour une gouvernance mondiale faisant par la même sauter toutes les frontières. Ce qui arrivera.

Les limites sont souvent plus mentales que physiques

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